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Trump rattrapé par la justice : ses tarifs douaniers jugés illégaux, incertitude totale

Les tarifs douaniers imposés par le président Trump, le 2 avril, ont été jugés illégaux par une cour d’appel fédérale. La cour a statué que Trump n’avait pas le pouvoir, en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act, d’imposer de tels tarifs.

Cependant, la cour autorise le maintien des tarifs jusqu’à ce qu’un tribunal inférieur se prononce sur la question de savoir si la décision n’affecte que les personnes impliquées dans l’affaire ou un groupe plus large touché par les tarifs. Imaginez l’incertitude que cela crée pour les entreprises et les consommateurs!

L’origine des tarifs douaniers de Trump

Trump a imposé ces tarifs après avoir déclaré plusieurs urgences nationales liées à la sécurité des frontières et au trafic de drogue. Le 2 avril, il a imposé des tarifs « réciproques » de 10 % sur les importations en provenance de tous les pays, avec des tarifs plus élevés pour la Chine (34 %), Taïwan (32 %), la Corée du Sud (25 %) et l’Union européenne (20 %).

Depuis, les montants des tarifs ont été modifiés à plusieurs reprises en fonction du pays, des biens importés et des accords commerciaux conclus. Les délais pour l’application des tarifs ont également été prolongés à plusieurs reprises. Un véritable casse-tête administratif et économique!

Contestations Judiciaires et Décisions

Les tarifs de Trump ont été immédiatement contestés dans le cadre de plusieurs affaires judiciaires. Les décisions de ces tribunaux ont parfois fait l’objet d’un appel de la part de l’administration. Cette affaire a été initialement entendue par la Cour du commerce international, qui a regroupé les tarifs « réciproques » et les tarifs « trafic » en une seule affaire et les a jugés illégaux.

La prochaine étape prévue est que la Cour suprême se prononce sur la question. L’enjeu est de taille, car la décision de la Cour suprême pourrait avoir des répercussions importantes sur la politique commerciale des États-Unis et sur les relations commerciales internationales.

Ce que disent les juges

Les juges ont écrit : « Nous ne nous prononçons pas sur la question de savoir si les actions du président auraient dû être prises en matière de politique. Nous ne décidons pas non plus si l’IEEPA autorise ou non des tarifs. La seule question que nous tranchons en appel est de savoir si les tarifs sur le trafic et les tarifs réciproques imposés par les décrets contestés sont autorisés par l’IEEPA. Nous concluons qu’ils ne le sont pas. »

Les tarifs que Trump a imposés sur des biens spécifiques en vertu de différents décrets ne sont pas affectés par cette décision. Un exemple concret : le Canada, qui a été touché par des tarifs sur l’acier et l’aluminium, devra continuer à surveiller la situation de près.

L’étendue des pouvoirs du président

Les juges ont également écrit : « Depuis son entrée en fonction, le président Donald J. Trump a déclaré plusieurs urgences nationales. En réponse à ces urgences déclarées, le président s’est écarté des barèmes tarifaires établis et a imposé des tarifs variables d’une durée illimitée sur les importations de presque tous les biens de presque tous les pays avec lesquels les États-Unis entretiennent des relations commerciales. Cet appel concerne cinq décrets imposant des droits de douane aux partenaires commerciaux étrangers pour faire face à ces urgences. »

La question centrale est donc celle de l’étendue des pouvoirs du président en matière de politique commerciale. Les juges ont souligné que le gouvernement n’a pas invoqué de loi ou de décision judiciaire qui interpréterait le pouvoir de réglementer comme incluant le pouvoir d’imposer des tarifs sans que la loi ne contienne également une disposition spécifique autorisant les tarifs.

Le rôle du congrès

« Bien entendu, le président dispose d’une autorité constitutionnelle indépendante dans ces domaines, mais le pouvoir du portefeuille (y compris le pouvoir de taxer) appartient au Congrès », ont écrit les juges. Une piqûre de rappel importante sur la séparation des pouvoirs et le rôle du Congrès dans la définition de la politique commerciale.