Dans une ville aussi densément bâtie que Londres, agrandir une maison sans perturber l’équilibre entre fonctionnalité et esthétique est devenu un véritable art. La demande croissante d’espaces plus polyvalents et connectés à la nature a stimulé une nouvelle génération d’agrandissements domestiques qui transforment sans détruire.
Un agrandissement qui ne passe pas inaperçu est l’intervention sur Hoj House, une maison victorienne de Stoke Newington qui a été réinventée avec un geste architectural aussi pratique que poétique : un toit végétal, couvert de fleurs sauvages.
Conçu par le studio britannique Studio Merlin, ce projet illustre comment une conception intelligente peut apporter des solutions durables, une sensibilité esthétique et une chaleur familiale dans une même proposition. Loin de rivaliser avec l’architecture originale du XIXe siècle, l’extension offre un contrepoint moderne qui ne renonce ni au charme ni à l’âme.
Un agrandissement qui respire
L’intervention se concentre sur le rez-de-chaussée, qui s’étend vers le jardin pour accueillir une cuisine et une salle à manger ouvertes avec une esthétique minimaliste et chaleureuse, inspirée du design scandinave, où prédominent les tons neutres et les matériaux naturels.
Selon le studio, "la palette de matériaux était délibérément neutre pour attirer l’attention sur les éléments naturels et fournir une esthétique minimaliste équilibrée et chaleureuse". Ainsi, le sapin Douglas, avec ses nuances rosées et dorées, est au centre de la structure et du mobilier, apportant une unité visuelle et une sensation de foyer intemporel.
Le nouveau volume, revêtu de blocs de béton de couleur douce, crée un contraste délibéré avec la brique couleur miel de la maison d’origine. Cette différence de textures ne cherche pas à rompre, mais à souligner la transition entre l’ancien et le nouveau. Le long du mur extérieur, un banc minimaliste s’harmonise avec les blocs de maçonnerie de l’extension.
L’un des détails les plus réussis est la grande porte pivotante en verre encadrée de bois qui s’ouvre sur le patio. Grâce à cela, "un lieu dédié au café du matin et à l’air frais a été créé, intégrant les activités de jardinage directement dans la forme architecturale du bâtiment", affirment les concepteurs.
La stratégie du studio était claire : tirer parti de chaque surface pour renforcer le lien avec la nature. Ainsi, le sol en béton poli à l’intérieur reprend la finition du patio, diluant les limites visuelles et accentuant l’idée d’une salle à manger qui semble être située en plein jardin.
Un toit qui fleurit
Mais s’il y a un élément surprenant qui ressort dans cette Hoj House, c’est sans aucun doute son toit végétal. Loin d’être un simple geste décoratif et embellissant, le toit de fleurs sauvages répond à un besoin de gérer le ruissellement des eaux de pluie.
Deux grandes lucarnes sans cadre percent ce tapis vert, injectant de la lumière naturelle directement sur la table de la salle à manger. La toiture repose sur des poutres en bois apparentes, apportant texture et chaleur à l’intérieur sans nécessiter plus d’ornement.
"Faire en sorte que le toit isolé avec des fleurs sauvages et la structure en bois apparente respectent les restrictions de hauteur imposées par le service d’urbanisme a également été un grand défi", affirment les concepteurs.
Sur le côté donnant sur la rue, le studio a profité de l’espace pour inclure une chambre d’amis, une salle de bain supplémentaire et une buanderie. Ces pièces complémentaires ne modifient pas la structure originale des étages supérieurs, qui restent presque intacts, à l’exception d’une rénovation de la salle de bain réalisée avec de la pierre naturelle, du plâtre Pastellone et un mobilier discret.









