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Logements sociaux imprimés en 3D : une première française !

L’impression 3D béton : une révolution en marche ? 🏗️

L’impression 3D béton n’est pas un concept nouveau en France. Cependant, une avancée notable se dessine : au lieu de recevoir des éléments préfabriqués, les murs prennent forme directement sur le chantier.

Impression 3D béton

Sur le chantier, un opérateur, tel un DJ devant sa console, supervise un système robotisé. Ce robot est dédié à l’impression 3D béton d’un immeuble de logements sociaux. C’est une première en France pour ce type de construction, suscitant un vif intérêt à l’international.

Jérôme Florentin, directeur de la maîtrise d’ouvrage chez Plurial Novilia, explique : "C’est un peu le même principe qu’une imprimante 3D domestique, mais à une échelle gigantesque, capable d’englober l’ensemble du bâtiment à construire."

Cette filiale du groupe Action Logement est à l’origine de ce projet de logements à loyers modérés à Bezannes, près de Reims. Un portique mobile (11 mètres de haut, 12 de large) est équipé d’une tête d’impression qui dépose les couches de béton. Ce béton, constitué de granulats et de cailloux provenant de carrières locales, durcit au fur et à mesure.

Technologie impression 3D

Bien que l’impression 3D béton ait déjà été utilisée en France pour des bureaux et des maisons individuelles, ce projet se distingue par son ampleur : un immeuble de 9 mètres de haut, avec 12 logements et 800 m² de surface habitable.

Une collaboration internationale 🌍

Ce projet, dont l’achèvement est prévu pour le premier trimestre 2026, est le fruit d’une coopération internationale. Aux côtés d’un architecte français (collectif Hobo) et d’une entreprise française (Demathieu Bard), on trouve une technologie allemande et un portique danois (Cobod). Des ingénieurs allemands supervisent le portique, utilisant des tablettes numériques et des ordinateurs portables. Les nuisances sonores sont d’ailleurs bien moindres comparées à un chantier traditionnel.

Hélène Lombois-Burger, directrice recherche et développement chez Holcim (groupe suisse), souligne l’économie de matériaux (10%) permise par la liberté de design offerte par la 3D, avec ses formes arrondies.

Avantages impression 3D

Nicolas Bouillard, directeur régional adjoint de Demathieu Bard, ajoute que le robot peut imprimer la forme souhaitée, contrairement aux coffrages spécifiques requis dans la construction traditionnelle. Demathieu Bard se charge des éléments non réalisés par le robot (cage d’ascenseur, escaliers, planchers, poutres, etc.).

Gain de temps et perspectives d’avenir ⏳

Jérôme Florentin estime un gain de temps d’environ 3 mois sur le délai global par rapport à une construction classique. Cependant, il reconnaît un surcoût de construction d’environ 30% pour ces projets prototypes, qui devrait être compensé dans 5 à 10 ans.

L’investissement global s’élève à 4,5 millions d’euros, incluant un bâtiment témoin construit de manière traditionnelle. Le surcoût est également lié au béton, qui doit être à la fois résistant et bas carbone. Jérôme Florentin met en avant une productivité accrue, avec un personnel réduit de moitié par rapport à un chantier classique. Nicolas Bouillard relativise la crainte d’une perte d’emplois, soulignant la difficulté à recruter dans le secteur du bâtiment.

Hélène Lombois-Burger conclut en soulignant la création d’emplois qualifiés, notamment pour la fabrication et l’entretien des robots, dans un secteur en quête de solutions pour améliorer les conditions de travail.