Le Cercle des Entrepreneurs a appelé à un Pacte d’État pour le logement face à la détérioration structurelle du marché du logement en Espagne.
Ce problème agit comme un frein à la croissance économique et un facteur d’exclusion pour une grande partie de la population.
Ils réclament donc une série de mesures, notamment la multiplication de l’offre de terrains constructibles.
Dans un communiqué, le Cercle des Entrepreneurs demande la simplification de la réglementation actuelle sur le foncier, en accélérant les procédures administratives d’octroi de permis.
Par exemple, par l’adoption de la déclaration responsable, afin de supprimer les goulets d’étranglement qui ralentissent les processus.
Ils demandent également de surmonter la pénurie de main-d’œuvre et le coût excessif des matériaux, qui freinent également l’augmentation de l’offre de nouvelles constructions.
De même, ils ont exigé l’annulation de la "conditionnalité idéologique extrême" dans le logement, dont les résultats "très négatifs" ont aggravé le problème.
Ainsi que la numérisation du système normatif, en encourageant l’utilisation d’outils comme l’intelligence artificielle pour identifier les réglementations complexes ou superposées et automatiser les tâches bureaucratiques.
Ils réclament un Pacte d’État "sur des bases économiques et sociales rationnelles. La politique doit être sensible aux questions qui touchent à la vie quotidienne des citoyens et, par conséquent, un exercice de volontés est nécessaire pour parvenir à un accord qui impulse les mesures qui doivent contribuer à résoudre les dysfonctionnements actuels qui affectent cette question d’une importance vitale pour la société espagnole et qui a un impact très particulier sur les jeunes et autres groupes sociaux à faible pouvoir d’achat".
Le ‘think tank’ entrepreneurial insiste sur le fait qu’il faut donner un coup de pouce à l’investissement privé par la création d’un environnement de sécurité juridique et d’un cadre fiscal compétitif qui incite à la construction, tant à la vente qu’à la location, et encourager la collaboration public-privé.
"Le problème le plus grave est que nous échouons dans ce qui est le plus facile : générer de l’offre, et cela crée un blocage économique, social et territorial", a averti le président du Cercle des Entrepreneurs, Juan María Nin.
Comme insistent les entrepreneurs, "les problèmes qui affectent le marché du logement sont bien connus et ont fait l’objet de nombreuses études par les principales institutions publiques et privées de référence", et, en résumé, ils sont principalement basés sur le fait que, "face à une demande forte, la réponse de l’offre a été empêchée par une réglementation myope et asphyxiante qui a rompu l’équilibre, affectant à la fois la quantité de logements à louer et à vendre, et les prix, toujours à la hausse en raison de ce déséquilibre insupportable pour les segments de la population qui n’ont plus les moyens financiers et qui ne disposent pas de logements sociaux ou d’un point de départ familial".
Les critiques se poursuivent : "Le fonctionnement normal du marché a été rompu et le déséquilibre ne se résout pas par des mesures impératives de prix parce qu’il est structurel, mais par une augmentation importante de l’offre, en particulier de logements sociaux. C’est ce qui s’est fait par le passé et il est inacceptable qu’avec une si bonne expérience, cela ne se fasse pas maintenant. Sans mesures d’encouragement de l’offre, le marché immobilier est et restera tendu, exerçant une pression à la hausse sur les prix tant à l’achat qu’à la location", insiste le document.
En outre, le Cercle a plaidé pour l’accélération du rythme de la réhabilitation et de l’industrialisation du logement.
Ceci en promouvant la rénovation du parc existant, la reconversion des actifs publics sous-utilisés et de nouvelles techniques de construction plus efficaces.
Ainsi que la restructuration du secteur pour avoir des entreprises de promotion de location et de services comparables aux européennes.
Un cadre réglementaire qui change radicalement l’actuel
Les entrepreneurs préconisent un revirement à 180 degrés de la réglementation actuelle et insistent sur le fait que "nous avons à portée de main ce qui est le plus difficile à générer, c’est-à-dire la demande, et nous avons échoué dans ce qui est le plus facile, l’offre. Il est inexplicable de continuer à se tromper dans le diagnostic et les mesures à adopter. L’avis du Cercle est que la solution passe par la construction d’un nouveau cadre réglementaire qui redonne de l’agilité et de l’efficacité aux acteurs publics et privés qui doivent construire une augmentation notable de l’offre de logements à louer et à vendre. Ce n’est que lorsque cela sera le cas que les plus démunis seront favorisés et que les prix refléteront l’équilibre souhaité".
Par exemple, il propose des changements comme cesser de pénaliser les propriétaires, qu’ils soient des épargnants ou de grands investisseurs ; ou équilibrer la protection entre les bailleurs et les locataires.
Ainsi, le texte soutient que "les politiques publiques ne peuvent pas se permettre de faire fuir les bailleurs et investisseurs potentiels qui font partie de la solution et non du problème. Il faut assurer la protection du capital investi dans la location, les services associés et la promotion. En particulier, il faut abandonner la perception négative de leur participation et promouvoir des modèles industriels comme la construction et la promotion pour la location, qui facilitent un accès plus efficace aux nouveaux logements à louer. De même, il faut rechercher un équilibre entre la protection du locataire et celle du bailleur, en encourageant l’investissement dans la location et en établissant des conditions stables et sûres pour les deux parties".
D’autre part, il assure qu’il ne faut pas ignorer l’impact négatif du phénomène de la "okupación", qu’il qualifie de "pratiques non solidaires qui nuisent gravement au système" ; et demande la contribution et le soutien du secteur privé "à un nouveau cadre juridique et administratif qui rompt le cercle vicieux de l’offre insuffisante avec une restructuration du secteur qui nous rapproche des modèles de succès de grandes entreprises de location, de promotion et de services déjà éprouvés avec succès en Europe".
Une « urgence » de pays
Pour le ‘think tank’, ce scénario exige une réaction immédiate avec une vision nationale, car la pénurie de terrains aménageables, conjuguée à la lenteur des processus d’urbanisme, constitue un "goulet d’étranglement insoutenable".
A cela s’ajoutent d’autres facteurs qui freinent le secteur, comme le vieillissement et le manque de main-d’œuvre, la hausse des prix des matériaux ou la faible productivité, ainsi que le problème de "l’incertitude réglementaire, avec des changements fréquents qui découragent encore plus l’investissement et introduisent une insécurité juridique, en particulier pour l’offre de logements à louer face à des phénomènes comme l’occupation illégale et le non-paiement, ainsi que des applications peu favorables au développement du marché des lois en vigueur".
Pour les entrepreneurs, "l’abus de formules réglementaires et de limites de prix rend la gestion difficile et décourage la location, en plus de bloquer le problème, qui s’aggravera à l’avenir. Parallèlement, la difficulté bureaucratique pour les nouveaux investissements dans l’entretien et la rénovation du parc de logements existant contribue également à diminuer l’offre".
Tout cela provoque la situation actuelle de crise immobilière, qui "a un grand impact négatif économique et social pour tout le pays, mais très spécialement pour des groupes clés comme les jeunes".
Dans ce contexte complexe, le Cercle insiste sur le fait que le logement doit être reconnu non seulement comme un droit social, mais aussi comme un actif stratégique qui favorise le développement économique, la cohésion sociale, un meilleur fonctionnement du marché du travail et, en dernier ressort, la compétitivité de l’Espagne.
"En plus d’être le foyer des familles, le logement est un pilier de progrès et de stabilité économique, ainsi qu’un facteur clé pour réduire les déséquilibres sociaux. En Espagne, le logement représente le principal actif des ménages, étant également un instrument d’épargne et de génération de richesse. Selon Eurostat, en 2024, 73,7 % de la population est propriétaire de son logement, un chiffre supérieur à la moyenne de l’Union Européenne (69,2 %). De même, le logement en location et, par conséquent, la disponibilité de logements, permet la mobilité géographique des citoyens vers les lieux offrant de meilleures opportunités économiques, devenant une condition pour que la population puisse accéder à de meilleurs emplois, ce qui a un impact positif sur leurs revenus tout en contribuant à dynamiser les économies locales", conclut le document.








