Les besoins criants en logement au Canada : Un défi titanesque à l’horizon 2035 ?
Le Canada est-il en voie de résoudre sa crise du logement ? Selon un récent rapport du directeur parlementaire du budget, environ 2,5 millions de logements devraient être construits d’ici 2035. Mais est-ce suffisant pour répondre aux besoins grandissants de la population ? La réponse, malheureusement, est non.
Il faudrait en réalité 700 000 logements supplémentaires pour ramener le taux d’inoccupation à sa moyenne historique. Un écart qui donne froid dans le dos !
Un objectif ambitieux, mais réaliste ?
Yves Giroux, le directeur parlementaire du budget, anticipe les besoins en logement à l’échelle du pays. Ses estimations sont inférieures à celles de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), qui prévoit la nécessité de 5,3 millions de nouvelles habitations d’ici 2035. La SCHL inclut l’abordabilité dans son analyse, ce qui explique cette différence.
Selon M. Giroux, l’objectif de la SCHL serait « très difficile à obtenir sans des investissements massifs de la part des gouvernements ». Un défi colossal qui nécessite une action concertée de tous les acteurs.
L’abordabilité, un enjeu crucial
Pour être abordable, un logement ne devrait pas dépasser 30% du revenu brut moyen des ménages, selon la définition de la SCHL. Un critère qui semble de plus en plus hors de portée pour de nombreux Canadiens, particulièrement dans les grandes villes comme Montréal, Toronto ou Vancouver.

Le directeur parlementaire du budget souligne qu’il faudrait achever 478 000 logements nets en moyenne par année pour atteindre l’objectif de la SCHL, ce qui risque de créer « des niveaux anormalement élevés de logements inoccupés ou de ménages disposant d’une résidence secondaire. »
Le spectre de la surconstruction
Le scénario de la SCHL pourrait faire grimper le taux d’inoccupation à 13% en 2035, soit environ deux fois plus que sa moyenne historique. Un paradoxe inquiétant : construire massivement pour rendre les logements plus abordables, mais risquer de se retrouver avec des milliers de logements vides.
Les promesses du gouvernement en question
Le gouvernement a promis de doubler le taux de construction résidentielle au pays en dix ans, pour atteindre 500 000 nouveaux logements par an. Une promesse ambitieuse qui tarde à se concrétiser.
M. Giroux n’a pas tenu compte de ces promesses dans son analyse. Il prévoit la construction de 227 000 logements nets par année d’ici 2035, ce qui est insuffisant pour combler l’écart entre l’offre et la demande.
Un effort collectif nécessaire
La construction de nouveaux logements dépend à la fois du gouvernement fédéral, des provinces et des municipalités. Un véritable casse-tête administratif qui freine l’atteinte des objectifs.
Voici quelques pistes de solutions potentielles :
- Assouplir les règlements de zonage pour faciliter la construction de logements.
- Accélérer les processus d’approbation des projets immobiliers.
- Investir massivement dans le logement social et abordable.
- Encourager l’innovation dans les techniques de construction.
L’impact sur la vie des Canadiens
Le manque de logements abordables a des conséquences désastreuses sur la vie des Canadiens. Les jeunes adultes sont contraints de rester plus longtemps chez leurs parents, les familles peinent à se loger décemment, et le rêve d’accéder à la propriété s’éloigne pour de nombreux ménages.
L’analyse du directeur parlementaire du budget tient compte de la non-formation de ménages, c’est-à-dire les jeunes adultes qui décident de rester plus longtemps chez leurs parents ou d’opter pour la colocation et les familles qui accueillent des parents âgés chez eux vu la difficulté de se trouver du logement abordable. Une réalité qui témoigne de la gravité de la situation.









