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Immobilier : Cette décision radicale pourrait enfin libérer le marché immobilier de l’emprise des agents (et c’est génial !)

Anne Marie DeCatsye, figure emblématique du secteur immobilier, prépare sa retraite et bouleverse le statu quo. Elle est « étonnée » que tant d’associations immobilières dépendent financièrement de leurs MLS (Multiple Listing Service).

Elle a entrepris de dissocier son association et son MLS, un geste audacieux qui pourrait bien redéfinir le paysage immobilier. Mais pourquoi une telle décision ?

L’Indépendance, un Nouveau Départ ?

Anne Marie DeCatsye quittera ses fonctions le 31 décembre 2026. Avant son départ, elle veut s’assurer que la Canopy Realtor Association ne contrôle plus le Canopy MLS, ni ne dépend de lui financièrement. Une véritable révolution !

Cette décision audacieuse est motivée par plusieurs facteurs :

  • La crainte de voir des entreprises nationales créer un MLS à grande échelle.
  • La nécessité de prouver la valeur ajoutée d’une association en dehors du MLS.
  • Une conscience aiguë des risques juridiques liés aux politiques actuelles.

De plus en plus, on voit une pression concernant les exigences d’adhésion à Realtor pour accéder au MLS. Cela a influencé la décision de Canopy MLS d’accepter les non-Realtors comme abonnés, une première !

Un virage radical : Deux entités, Deux patrons

« Nous avons séparé fonctionnellement et financièrement le MLS de l’association », déclare DeCatsye. Une séparation nette pour garantir l’avenir de chaque entité.

À son départ, chaque organisation aura son propre PDG. L’association restera propriétaire du MLS, mais ne le contrôlera plus. La fin d’une époque où les associations immobilières régnaient en maître sur les MLS.

C’est un grand pas pour l’indépendance et l’évolution du secteur immobilier. Elle s’explique d’autant plus avec les récents rebondissements juridiques.

Les Mandats d’Adhésion : Un Risque Juridique ?

Forte de son expérience juridique, DeCatsye est convaincue que l’obligation d’adhérer à Realtor pour accéder au MLS est un « risque juridique ».

Face à l’opposition de la Federal Trade Commission aux accords anticoncurrentiels et aux actions antitrust contre la National Association of Realtors, Canopy MLS a décidé de proposer une option « MLS-only » pour les non-Realtors.

Actuellement, Canopy Realtors compte environ 14 000 membres, et Canopy MLS plus de 22 000 abonnés, dont seulement 125 abonnés non-Realtors « MLS-only ».

Le MLS : Plus qu’un Simple Service ?

La NAR a toujours présenté les MLS affiliés à Realtor comme un service de leurs associations. Mais DeCatsye s’insurge contre cette idée : « Dire que c’est juste un service est une injustice totale envers ce que fait réellement un MLS. »

Le MLS a évolué, intégrant des outils, des formations, des technologies, des licences de données et une intégrité des données qui dépassent le simple cadre d’un service associatif. On ne peut donc plus les limiter à cela.

La « Discrétion Locale » : Un Fardeau pour les MLS ?

DeCatsye craint que la NAR ne soit pas totalement transparente quant aux conséquences de sa politique de « discrétion locale » pour les MLS.

Elle estime que laisser certaines décisions à la discrétion locale, comme la mise en œuvre de l’exemption de commercialisation différée de la NAR, augmente automatiquement la responsabilité des organisations locales.

« Le risque est transféré au MLS local, et si le MLS appartient à une association comme la nôtre, toute l’organisation est menacée », alerte-t-elle. Certains MLS ont d’ailleurs choisi de ne pas appliquer cette politique.

Il est Temps de Laisser le Contrôle des Politiques MLS ?

DeCatsye pense qu’il est temps qu’une autre organisation prenne les rênes de la réglementation des politiques MLS, comme le Council of MLSs, le Real Estate Standards Organization, l’Association of Real Estate License Law Officials, ou une nouvelle entité.

Elle préférerait être régulée par une commission immobilière plutôt que par le Département de la Justice (DOJ). Un choix clair pour une meilleure transparence et une régulation plus adaptée.

La NAR Aurait Dû « Faire Plus »

À l’instar de nombreux professionnels de l’immobilier, DeCatsye estime que la NAR aurait dû mieux gérer les litiges sur les commissions.

« Si l’équipe législative de la NAR avait fait davantage pour informer les membres du Congrès, il aurait pu y avoir une intervention législative fédérale dans certaines des poursuites qui attaquaient le secteur », déplore-t-elle.

Elle s’insurge contre les montants « ahurissants » des règlements, que peu de membres du Congrès semblent comprendre.

Abandonner le Terme « Realtor » ?

DeCatsye envisage un avenir où Canopy Realtors pourrait devenir Canopy Real Estate Professionals, sans pour autant y pousser.

« Ma mère était Realtor », dit-elle. « Je crois toujours fermement au rôle du Realtor et au Code de déontologie. Mais si nous ne sommes plus une association Realtor, ce sera à cause de forces extérieures, et nous serons prêts. »

Un avenir incertain, mais une chose est sûre : Anne Marie DeCatsye aura marqué son passage par son audace et sa vision. Une histoire à suivre de près pour comprendre les enjeux de l’immobilier de demain, ici au Québec, en France ou en Suisse!