Les relations entre les Comuns et le gouvernement de Jaume Collboni sont tendues, mais Janet Sanz, présidente du groupe BComú à la mairie de Barcelone, affirme dans une interview à ‘La Vanguardia’ qu’ils sont toujours prêts à conclure des accords "de fond" avec le PSC. Parmi les propositions prioritaires de son groupe pour les deux prochaines années, une réforme fiscale permettrait d’augmenter l’IBI (Impôt foncier) pour les propriétaires de plusieurs logements.
Selon Sanz, le taux actuel (0,66%) est le même pour ceux qui possèdent un seul bien que pour ceux qui en possèdent plusieurs. BComú propose que ceux qui ne possèdent qu’un seul logement paient moins, et que l’impôt augmente progressivement à partir du deuxième : 15% de plus avec le deuxième, 25% avec le troisième et 30% à partir du quatrième. "Vienne et Singapour sont des modèles qui montrent que l’intervention du marché est la seule solution pour freiner la spéculation", soutient-elle.
Cependant, ces propositions et ces accords ne seront mis en œuvre que s’ils ne démantèlent pas l’héritage d’Ada Colau. "La règle des 30% ne doit pas être assouplie, elle doit être renforcée", avertit-elle, en référence à l’obligation de destiner 30% des nouveaux logements à un usage protégé dans les promotions privées.
Sanz accuse le maire Collboni de s’être limité à gérer "les rentes du mandat précédent" et de n’avoir encore lancé aucun projet propre significatif. "Toutes les clés d’appartements qu’il livre proviennent de notre mandat. Il ne sera rappelé que pour avoir privatisé le Park Güell pour un défilé de luxe et livré le Passeig de Gràcia à la Formule 1", affirme-t-elle avec force.
De plus, elle critique le fait que l’exécutif municipal soit disposé à "faire tomber les 30%" tout en évitant de s’attaquer aux grands propriétaires : "À Barcelone, 10% des maisons sont entre les mains de grands propriétaires. Ils accumulent environ 70 000 logements. Et pendant ce temps, 60% des ventes se font au comptant. Ce n’est pas normal."
BComú assure qu’ils continueront à miser sur des mesures structurelles pour agir sur le parc immobilier existant, comme seule manière de garantir l’accès au logement dans la ville. "L’idée que l’augmentation de l’offre résoudra tout, l’offertisme, est au logement ce que le négationnisme est au changement climatique", résume Sanz.
Malgré les critiques, BComú ne ferme pas la porte à de nouveaux accords avec l’exécutif municipal, mais avec des nuances. "Nous n’allons pas pactiser avec lui sur des questions mineures alors qu’il s’associe à la droite pour démanteler les 30%. Ce qu’il faut faire, c’est les renforcer", insiste-t-elle. Ils rappellent également qu’ils ont réussi à retirer une subvention de 250 000 euros au salon immobilier The District, et promettent d’empêcher la mairie d’investir cinq millions d’euros dans la Formule 1.
Concernant l’avenir politique du parti, Sanz annonce qu’en juillet se tiendra le premier congrès de BComú pour refonder et renforcer l’organisation, et qu’en septembre débutera le débat interne sur la manière d’aborder les élections municipales de 2027. Elle n’écarte pas de se représenter comme candidate, bien qu’elle indique que le code éthique du parti est en cours de révision. Quant au rôle d’Ada Colau, elle confirme qu’elle préside actuellement la fondation Sentit Comú et qu’elle a une "grande projection internationale", mais qu’elle n’est pas directement impliquée dans les débats internes du groupe municipal.
Mesures Phares Proposées par BComú
Augmentation de l’IBI pour les multipropriétaires
- Un impôt progressif pour lutter contre la spéculation.
Renforcement de la règle des 30%
- Maintenir et amplifier l’obligation de logements sociaux.
Priorité aux Mesures Structurelles
- Agir sur le parc immobilier existant pour un accès équitable au logement.








